{"id":909,"date":"2025-05-02T21:03:36","date_gmt":"2025-05-02T20:03:36","guid":{"rendered":"https:\/\/emaeygreateau.fr\/?page_id=909"},"modified":"2025-06-11T13:37:11","modified_gmt":"2025-06-11T11:37:11","slug":"demarche","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.emaeygreteau.fr\/index.php\/demarche\/","title":{"rendered":"D\u00c9MARCHE"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-columns alignwide has-3-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group alignfull has-global-padding is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-2e1a4148 wp-block-group-is-layout-constrained\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px;padding-top:0vw;padding-right:var(--wp--preset--spacing--50);padding-bottom:0vw;padding-left:var(--wp--preset--spacing--50)\">\n<div class=\"wp-block-group alignwide is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-justify has-small-font-size\"><sup>Ma d\u00e9marche est de l\u2019ordre de l\u2019intime comme un voyage \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ce temple qu\u2019est l\u2019organicit\u00e9 de notre espace corps. Je d\u00e9sacralise cet espace lorsque j\u2019explore, je scrute, je m\u2019engouffre dans ses failles que je souhaite r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 l\u2019\u0153il nu. Quand les pi\u00e8ces de tailles variables rencontrent le spectateur dans un dialogue frontal induit par un rapport d\u2019\u00e9chelle qui le d\u00e9passe, mes installations proposent une immersion au sein de ces nouveaux corps \u00e0 l\u2019organicit\u00e9 cellulaire amplifi\u00e9e.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-small-font-size\"><sup>Les voyages que je propose convoquent l\u2019intime propre \u00e0 chacun mais de mani\u00e8re concomitante avec des repr\u00e9sentations collectives norm\u00e9es. L\u2019exp\u00e9rience \u00e0 vivre r\u00e9side dans la proposition plastique qui offre d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9tourn\u00e9e une lecture d\u2019une \u00abint\u00e9riorit\u00e9 autrement\u00bb. Le spectateur est amen\u00e9 \u00e0 prendre conscience qu\u2019il est porteur de ces mondes qui de prime abord seraient \u00e9cart\u00e9s, voire rejet\u00e9s.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-small-font-size\"><sup>Le jeu se situe dans un traitement plastique oscillant entre attraction\/r\u00e9pulsion, rejet\/s\u00e9duction, voir et refus de voir. Se comprendre autrement, se percevoir dans son unicit\u00e9 \u00e9merge de l\u2019espace d\u2019exposition qui devient enveloppe. En immersion, j\u2019invite le spectateur \u00e0 se d\u00e9placer dans son propre corps, et \u00e0 se confronter \u00e0 son organicit\u00e9 pour se recentrer sur son identit\u00e9. La coque vide corporelle propos\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 laisse place \u00e0 des espaces porteurs d\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9s, d\u2019usages sociaux, et de reconnaissance de soi dans une soci\u00e9t\u00e9 visant \u00e0 une sacralisation du corps norm\u00e9.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-small-font-size\"><sup>Mon travail propose au spectateur de faire l\u2019exp\u00e9rience de ce qu\u2019il porte en lui pour donner existence \u00e0 son en dehors, \u00e0 son en dedans. Renouer avec son propre corps en lutte avec une soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019image visant a uniformiser et magnifiant le culte du corps. Polic\u00e9, d\u00e9pourvu d\u2019organicit\u00e9, l\u2019individu est amen\u00e9 \u00e0 une obsolescence programm\u00e9e, un effacement progressif et insidieux de sa singularit\u00e9. La volont\u00e9 est de recentrer l\u2019humain sur ces\/ses valeurs et sa condition en le repla\u00e7ant face \u00e0 l\u2019acceptation de son organicit\u00e9 cellulaire, humorale, sensible. Les espaces d\u2019exposition assimilables \u00e0 des enveloppes, placent le spectateur dans un voyage au sein d\u2019un corps \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de cellules prolif\u00e9rantes que je cultive comme le ferait un scientifique. La relation que j\u2019entretiens avec le microscopique reste le point d\u2019appuis, pour entamer ce voyage souterrain intra-organique. Ces observations de l\u2019infiniment petit donnent lieu \u00e0 des mod\u00e9lisations d\u00e9taill\u00e9es qui se jouent des \u00e9chelles. Chaque micro observations me conduit \u00e0 une production qui pourrait \u00eatre infinie. Je m\u2019appuie sur ce que je vois pour construire mon propos. A l\u2019\u2019image d\u2019un gant retourn\u00e9, mes installations proposent cet en de\u00e7\u00e0 que l\u2019\u0153il seul ne peut capter.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-small-font-size\"><sup>Les dimensions XXL des pi\u00e8ces, dispos\u00e9es, agenc\u00e9es dans des espaces clos sont comme des mises en culture et prolif\u00e8rent. V\u00e9ritables rhizomes cellulaires, elles se propagent, se multiplient, s\u2019agglutinent dans le milieu de culture qui leurs sont offerts. Cette propagation s\u2019articule dans l\u2019espace donn\u00e9 aussi bien d\u2019un point de vue formel que d\u2019un point de vue s\u00e9mantique, attaquant, questionnant l\u2019intime. Elle convoquent ces Golems contenus dans le corps en devenir, comme dans le corps soci\u00e9tal. N\u00e9es de la fibre de coton ou du bas, de cheveux, mat\u00e9riaux issus de la f\u00e9minit\u00e9, les formes polylob\u00e9es, lisses ou cicatricielles racontent leur histoire, r\u00e9v\u00e8lent notre histoire. Dans une volont\u00e9 de proposer un regard incisif, leur apparence douce, pr\u00e9sentent une lecture feuillet\u00e9e o\u00f9 le monstrueux est distanci\u00e9 par sa facture esth\u00e9tis\u00e9e, comme un rappel \u00e0 l\u2019ordre, une pr\u00e9sence alerte, indice d\u00e9non\u00e7ant l\u2019acidit\u00e9 du propos. La mise en tension des mati\u00e8res approche la fragilit\u00e9 de l\u2019\u00eatre.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-small-font-size\"><sup>Mes m\u00e9diums sont multiples. Leur mat\u00e9rialit\u00e9, leur plasticit\u00e9 sont guid\u00e9s par le questionnement voulu. Mon travail est prolifique, g\u00e9n\u00e9ralement con\u00e7u in situ. Les pi\u00e8ces pr\u00e9sent\u00e9es sont \u00e9tudi\u00e9es pour dialoguer avec l\u2019espace de pr\u00e9sentations. Me laissant guider par le fil, la mine, l\u2019objet, l\u2019objectif, le pixel, mes pi\u00e8ces questionnent la posture du chercheur manipulateur de l\u2019hybride face \u00e0 l\u2019homme.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify has-small-font-size\"><sup>Cette d\u00e9marche d\u00e9coule de recherches pr\u00e9c\u00e9dentes sur la peau comprise non comme surface mais comme espace. J\u2019explore la peau en m\u2019appuyant entre autres sur les \u00e9crits de Didier ANZIEU. La peau devient espace \u00abpeaucien\u00bb, une sorte d\u2019\u00catre au sein duquel peuvent s\u2019op\u00e9rer manipulations, observations, distorsions. A l\u2019issue de quoi, je cr\u00e9e un laboratoire d\u2019exp\u00e9rimentations plastiques. Ma recherche esth\u00e9tique se tourne alors vers l\u2019\u00e9tude microscopique de la peau d\u2019o\u00f9 naissent des pi\u00e8ces explorant l\u2019hybridit\u00e9 et le clonage ouvrant ainsi sur une r\u00e9flexion questionnant les enjeux de la science sur notre appr\u00e9hension de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019image du corps. Mes axes d\u2019\u00e9tude questionnent la singularit\u00e9 de chacun mis en exergue dans une soci\u00e9t\u00e9 norm\u00e9e, tendant vers le formatage d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00abpeau-liss\u00e9e\u00bb, voire \u00abpolic\u00e9e\u00bb dans son apparence. Dans cette volont\u00e9 de calibrage, je per\u00e7ois implicitement la volont\u00e9 de n\u00e9gation de la notion d\u2019individu. Le corps devient support, \u00e9toffe de l\u2019apparence dont il force la mise en avant. Sous elle, il tend \u00e0 disparaitre. Dans mon travail, le corps dans toute son organicit\u00e9 s\u2019impose avec ces diff\u00e9rences, ses difformit\u00e9s. Corps mutant ou r\u00e9v\u00e9lant son processus de mutation, monstrueusement offert, il est mis en avant, affirmant son individualit\u00e9. Par une pratique prolifique, la singularit\u00e9 se r\u00e9pand \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un blob. Organisme unicellulaire, ni animal, ni v\u00e9g\u00e9tal, ni champignon, d\u00e9pourvu de cerveau, le blob apprend, transmet et fusionne avec ses semblables. Les installations que je propose \u00e9voquent cette prolif\u00e9ration h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de la singularit\u00e9 qui tendraient \u00e0 une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9. Ainsi, l\u2019anormalit\u00e9 ne se pourrait-elle se faire norme?<\/sup><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ma d\u00e9marche est de l\u2019ordre de l\u2019intime comme un voyage \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ce temple qu\u2019est l\u2019organicit\u00e9 de notre espace corps. 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